« Vos droits sont en danger : ils sont traités avec un mépris total par un grand nombre d’États, dans le monde entier, a déclaré Salil Shetty, le secrétaire général d’Amnesty International.
« Des millions de personnes subissent d’immenses souffrances aux mains des États et des groupes armés, tandis que, dans une démarche sans vergogne, des gouvernements veulent faire passer la protection des droits humains pour une menace contre la sécurité, la loi et l’ordre, ou les “valeurs” nationales. »
C’est en ces termes aussi graves qu’Amnesty International
a introduit son Rapport annuel sur les droits humains dans le monde. L’ONG
dresse en effet un bilan alarmant pour bon nombre de pays pour lesquels « l’année
2015 a été marquée par des attaques contre les libertés fondamentales ».
En ce qui concerne en particulier Madagascar, le bilan est
très accablant pour le régime HVM car aucune amélioration en matière de droits
de l'Homme n’a été enregistrée depuis ces deux dernières années.
Sans surprise, le Rapport dresse une liste des exactions et
des manquements aux droits fondamentaux imputés au régime de
Rajaonarimampianina. Certains éléments du Rapport confirment ce que nous avons
dénoncé à maintes reprises notamment :
- les nombreuses exactions perpétrées par les forces de l’ordre dans le Sud, dans le cadre de l’opération « Fahalemena » : « Plusieurs personnes soupçonnées de vol de bétail ont été exécutées de manière extrajudiciaire par l’armée » et ce, en totale impunité car aucune enquête n’est ouverte jusqu’ici.
- l’absence de liberté d’expression avec le cas de Armand Mamizafy qui a été condamné pour diffamation à 6 mois de prison et à de très forets amendes pour avoir dénoncé un réseau de trafiquants de Bois de rose,
- la situation sanitaire des enfants dont la moitié des moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique et ceci, dans un contexte de pauvreté généralisée avec les 92% de la population vivant avec moins de 2USD/jour.
En outre, le Rapport relève également :
- « le recours excessif à la force », en l’occurrence lors de la manifestation étudiante, durement réprimée, du mois d’août 2015,
- les conditions carcérales très déplorables où « les prisons sont surpeuplés et plus de la moitié des prisonniers sont en détention provisoire ».
Bref, ce Rapport très accusateur prouve que Madagascar est
sous la coupe d’un régime totalitaire motivé par le pillage et l’enrichissement
personnel, de la même famille que celui des putschistes de la transition. Doit-on
encore faire confiance en un régime qui gouverne par la terreur et le
harcèlement, qui tue son propre peuple et utilise la pauvreté des Malagasy
comme fonds de commerce pour obtenir les aides internationales ?
GTT International - Genève
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