vendredi 12 octobre 2018

Clip officiel de la campagne de Marc RAVALOMANANA

Voici le clip officiel de la campagne du candidat Marc RAVALOMANANA à l'élection présidentielle du 07 novembre prochain. Sans fioritures, le message est pertinent et va à l'essentiel.

samedi 6 octobre 2018

Interview du président Marc Ravalomanana sur RFI





Marc Ravalomanana: «Le plus important pour les Malgaches, c'est d'avoir un leader»


Il a été chassé du pouvoir il y a neuf ans, et pourtant il croit en ses chances. A Madagascar, l'ex-président Marc Ravalomanana est l'un des 36 candidats à la présidentielle du 7 novembre prochain. Et ses meetings attirent du monde. Peut-il être le revenant de la politique malgache ? En ligne d'Antananarivo, l'homme qui a été tour à tour chef d'entreprise, chef d'Etat et exilé politique répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Pourquoi êtes-vous candidat, neuf ans après l’insurrection qui vous a chassé du pouvoir ?
Marc Ravalomanana : Tout d’abord, j’aimerais bien vous dire que j’ai déjà promis à la population malgache que je reviendrai un jour. Neuf ans après, c’est le moment. « The times is now ».
Le temps est venu pour vous d’être candidat ?
Exactement.
Vous êtes candidat pour quoi faire, exactement ?
Pour rebâtir notre pays et aussi pour aider la population malgache, parce qu’elle souffre beaucoup ici à Madagascar depuis neuf ans. De mon temps, il n’y avait jamais de kidnappings ou bien d’insécurité ou de mauvaises routes. Actuellement, c’est terrible. Donc je reviens. J’ai déjà l’expérience de sept ans [2001-2008]. Nous avons construit 9 200 kilomètres de routes et aussi fait rentrer les enfants malgaches à 92% dans l’Education pour tous.
Oui, mais tout de même, depuis neuf ans il y a des choses qui ont été faites par vos deux successeurs Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina !
Vous pouvez me citer quelques exemples ? Par exemple, les routes qu’ils ont construites pour aller à Ivato. Maintenant, on ne peut pas passer au-dessus. Ou bien avec les hôpitaux. A Manakara, j’étais là, tout est détruit.
Qu’est-ce que vous ferez de mieux que vos prédécesseurs pour lutter contre l’insécurité, notamment contre les voleurs de zébus, les dahalos et les auteurs de kidnappings ?
D’abord, il faut stopper l’exportation des zébus. Si on arrête l’exportation des zébus à Maurice, aux Comores ou bien en Chine surtout, vous allez voir. Et aussi la restauration de l’Etat. La restauration de l’autorité. Parce qu’actuellement, le problème c’est l’autorité des dirigeants. Si vous êtes un président, si vous êtes chef du gouvernement, vous devez avoir de la fermeté. Je serai très, très ferme. Parce que c’est la sécurité qui est la clé du développement de ce pays. Aussi, s’il n’y a pas de sécurité à Madagascar, il n’y aura pas d’investisseurs qui vont venir.
Vos partisans sont descendus dans la rue au mois d’avril-mai dernier. Mais le mouvement ne s’est-il pas essoufflé et finalement est-ce que vos troupes ne sont pas clairsemées ?
Ce n’était pas la mouvance TIM ou bien le parti TIM qui est descendu dans les rues. Non ce sont les 73 députés entre le MAPAR et le TIM. Ce sont les députés et non pas les partisans. Ce sont les députés, c’est l’affaire des députés.
Dans ce mouvement du mois d’avril et du mois de mai dernier, vos partisans étaient côte à côte avec ceux d’Andry Rajoelina. Est-ce que cela veut dire qu’il y a une alliance désormais entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ?
Je crois que vous vous y connaissez très bien en politique. On ne peut jamais avoir un ami permanent ou bien des amis permanents. Il y a, de temps en temps, des amis à contrecœur.
Donc, c’est une alliance à contrecœur ?
Exactement. Ça, c’est la politique.
Et est-ce que vous vous sentez plus proche d’Andry Rajoelina ou plus proche d’Hery Rajaonarimampianina ?
J’ai pensé toujours être le futur président de Madagascar, je suis toujours avec tout le monde, tous les Malgaches. Donc, il ne faut pas toujours s’isoler dans des positions. Il faut être toujours flexible et écouter les autres.
Certains observateurs estiment que vous pouvez vous qualifier pour le deuxième tour et peut-être aux côtés…
Oui.
Les sondages… C’est très surprenant. C’est la première fois que j’ai entendu que les sondages, c’était interdit, parce que ça allait créer des conflits. Non, non… Les sondages sont des sondages.
Certains pronostiqueurs disent qu’au deuxième tour il pourrait y avoir un duel entre Andry Rajoelina et vous-même.
Vous savez, je considère toujours les 35 autres candidats comme des gens très sérieux, parce qu’ils ont dépensé de l’argent pour payer la caution. Donc il n’y a pas de différence entre mes adversaires. Il n’y a pas de problème si c’est Andry Rajoelina qui est mon adversaire pour le deuxième tour, ou bien le pasteur Mailhol, ou bien l’artiste Dama, ou bien monsieur le président sortant. Je n’ai pas peur, s’il y a un deuxième tour, mais moi, je ne crois pas.
Et pourquoi vous ne croyez pas ?
Parce que je suis sûr de moi-même.
Vous pensez gagner dès le premier tour ?
Exactement ! Pourquoi pas ?
Mais avec 36 candidats, ce n’est pas possible !
Même 2 000 ! Vous savez, les gens, les Malgaches… C’est mieux que vous veniez ici, à Madagascar, pour voir les gens qui crient, qui m’appellent : « Monsieur le président, aidez-nous ! Sauvez-nous ! »
Et vous venez de citer le président sortant, donc vous pensez que votre adversaire principal c’est Hery Rajaonarimampianina ?
Non… Ce n’est pas mon adversaire principal. C’est un ami aussi, comme l’autre.
C’est qui l’autre ?
Les autres. C’est les 34 autres.
Un certain nombre de Malgaches disent que vous, les anciens présidents, Didier Ratsiraka, Hery Rajaonarimampianina, Andry Rajoelina et vous-même, vous êtes trop vieux maintenant et vous avez fait votre temps. Vous devez laisser la place aux jeunes. Qu’est-ce que vous répondez ?
Non, non… Je vois très bien encore. Je vois très bien. Et je peux vous garantir que je peux voyager partout ici à Madagascar. Vous savez, même le président de Tunisie et le Premier ministre de la Malaisie… Quel âge ont-ils ? Non, nous ne sommes pas trop vieux. Pas du tout ! J’ai encore du temps à vivre. Et c’est l’expérience et la technique qui comptent. La chose la plus importante pour les Malgaches, c’est d’avoir un leader. Un leader qui a la capacité de gérer notre pays.


jeudi 4 octobre 2018

Présidentielle: Charte de bonne conduite boycottée par les candidats

https://www.madagascar-tribune.com/La-charte-de-bonne-conduite,24294.html


Présidentielles 2018

La charte de bonne conduite boycottée par la plupart des candidats

jeudi 4 octobre | Arena R.Ra Bens (Photos)
La charte de bonne conduite et d’intégrité des candidats initiée par le conseil pour le fampihavanana Malagasy (CFM) a été boycottée par la majorité des candidats à la prochaine présidentielle. Seulement six candidats sur les trente-six ont signé la charte de bonne conduite hier lors d’une cérémonie qui s’est tenue au ministère des Affaires étrangères à Anosy. Richard Razafy Rakotofiringa, Saraha Rabeharisoa, Mamy Richard Radilofe, Solo Norbert Randriamorasata, Faly Mampionona Rasolonjatovo et Jean-Max Rakotomamonjy ont ainsi adhéré à cette charte de bonne conduite.
Cinq autres candidats ont déclaré qu’ils ne signeront pas la charte qu’ils qualifient de« charte de l’hypocrisie ». C’est le cas notamment du Pasteur André Mailhol et de Fanirisoa Ernaivo. Le pasteur Mailhol explique que la liste électorale manque de transparence totale parce que son nom ne figurerait même pas dans cette liste alors que sa femme y est. L’ancienne présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar Fanirisoa Ernaivo, a déclaré quant à elle, qu’elle acceptera pas les résultats de cette élection qui sent déjà la fraude sans que le scrutin ait lieu.
« Dans les précédentes élections, les résultats sont publiés au fur et à mesure de leurs arrivées à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et/ou par les candidats qui en font la comparaison, mais dans cette charte, tout cela est impossible et les candidats sont priés d’accepter les résultats du scrutin ». L’ancien président, Didier Ignace Ratsiraka, son bras droit d’autrefois, José Michel Andrianoelison et l’ancienne juge internationale Arlette Ramaroson ont également refusé de signer la charte.
Parmi les candidats qualifiés potentiels qui étaient absents lors de cette cérémonie mais représentés, il y a Hery Rajaonarimampianina qui aurait promis de signer cette charte. Au total, ils sont dix à annoncer par le biais de leur représentant qu’ils vont procéder à cette signature dans les prochains jours. Si Andry Rajoelina et Orlando Robimanana sont encore indécis, l’ancien président Marc Ravalomanana et 12 autres candidats n’ont pas fait savoir leur position et n’ont pas daigné envoyer de représentant à cette cérémonie.
Pour Alphonse Maka, président du Conseil pour le Fampihavanana Malagasy (CFM), initiateur de cette charte élaborée avec les organisations de la société civile, il aurait accompli son devoir. Libre aux candidats de respecter ou non la charte qui n’a pas non plus de valeur juridique affirme-t-il. L’amertume se fait pourtant remarquer sur le visage des membres de ce conseil qui ont visiblement essuyé un deuxième échec cuisant dans leur tentative d’instauration de la paix et de réconciliation des parties prenantes aux crises politiques dans le pays, comme c’était le cas lors de la longue grève du mois d’avril.
Le manque de crédibilité de la CFM, qui ne date pas d’aujourd’hui, se confirme davantage. Et avec l’échec de cette charte de bonne conduite, la raison d’être de ce conseil devra peut-être remis en question. Après près d’un an d’existence, sans parler du mandat de trois ans de membres précédents, il reste sur un résultat quasi-négatif, pourtant il reste budgétivore en matière de financement.

mercredi 26 septembre 2018

Le président Ravalomanana à la rencontre de la diaspora le 29 septembre à Savigny le Temple Paris

Le candidat no 25 rencontre l'Union Européene

Quel programme pour Madagascar


Source midi-madagascar

"Le candidat du TIM est convaincu que le vrai développement de Madagascar passera par la modernisation de l’Administration.
Bien qu’on ne soit pas encore dans la période de campagne électorale qui doit courir à partir du 07 octobre, le candidat n°25 dévoile petit à petit les grandes lignes du MAP II (Madagascar Action Plan II). Lors de son grand meeting tenu au stade municipal de Mahamasina samedi dernier, Marc Ravalomanana a mis l’accent sur les grands axes du projet de société qu’il va proposer aux Malgaches durant la campagne électorale du scrutin du 07 novembre. Parmi ces grands axes figurent la réhabilitation des routes et la construction des nouvelles infrastructures routières, la lutte contre l’insécurité, l’amélioration du taux d’accès à l’enseignement et à l’éducation de base ainsi que l’accroissement de la productivité agricole pour mieux lutter contre l’insécurité alimentaire. Le renouvellement des matériels utilisés par les forces armées et la police fait également partie des priorités du candidat du TIM une fois revenu au pouvoir.
Réforme de l’Administration. Mais pour Marc Ravalomanana, le succès de ces actions de développement passe par la réforme ou la modernisation de l’Administration. De l’Administration administrante actuelle, le candidat n°25 prône une Administration de développement, c’est- à- dire, une Administration au service du développement économique. Pour cette réforme, Marc Ravalomanana va proposer aux Malgaches l’E-gouvernance qui va se traduire par la dématérialisation de l’Administration. Cette dématérialisation permettra non seulement de mettre fin à la lourdeur administrative, mais également et surtout de lutter contre la corruption. « La lutte contre la corruption fait partie des priorités de mes priorités. », a déclaré Marc Ravalomanana devant une foule immense samedi dernier au stade de Mahamasina. Avant de rajouter : « Pour que cette lutte puisse réussir, la transparence sera institutionnalisée dans la gestion des affaires publiques. Cette transparence nous permettra de reconquérir la confiance des usagers à l’endroit de l’Administration. »
Vision. La bonne gouvernance constitue également l’un des axes stratégiques du MAP II. Notamment une bonne gouvernance économique qui permettra de bien utiliser les deniers publics ; et ce en vue d’un développement durable et inclusif. La mise en place d’Institutions fortes, gages de la stabilité politique, sera également priorisée dans le MAP II. En tout cas, le candidat n°25 veut visiblement miser sur le contenu de son programme de gouvernement pour convaincre les électeurs à voter pour lui le 07 novembre. A rappeler que le MAP I a fait ses preuves durant les mandats présidentiels de Marc Ravalomanana. De nouvelles routes ont été construites. Ses détracteurs disaient à l’époque : « On ne mange pas les routes » (traduction libre : tsy azo hanina ny lalana.). Actuellement, des soi-disant candidats favoris mènent campagne sur la réhabilitation et la construction de nouvelles infrastructures routières."


Les secrets d’un exilé hors pair

Source Midi Madagascar

La biographie et le parcours professionnel et politique de Marc Ravalomanana ne sont plus à présenter à ses concitoyens. L’homme a un destin extraordinaire. Né le 12 décembre 1949 à Imerinkasinina, Marc Ravalomanana est un autodidacte et « self-made-man ». Vendeur de lait au début, il est devenu grand capitaine d’industrie. Il a fondé à partir de rien l’empire Tiko, un groupe investissant dans l’agro-alimentaire. Il a aussi fondé le Groupe MBS (télévision et radio) en 2001. Sur le plan politique, Marc Ravalomanana a été élu maire de la Capitale de Madagascar en 1999. En 2002, il a été élu président de la République. Marc Ravalomanana n’a pas pu terminer son second mandat à cause du coup d’Etat de 2009. Actuellement, il fait partie des 36 candidats à l’élection présidentielle du 7 novembre 2018.
Ce qui reste cependant dans le domaine du mystère, ce sont les péripéties de son départ en exil forcé le 17 mars 2009 et de son retour énigmatique au pays le lundi 13 octobre 2014. Durant notre entretien à son domicile à Faravohitra, Marc Ravalomanana a accepté de livrer des secrets et de faire des confidences sur ces deux moments forts de ses aventures politiques.
Coups de téléphone. D’un voyage officiel en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana était rentré au pays le 25 janvier 2009. Le lendemain, les deux chaînes nationales publiques (TVM et RNM) et ses propriétés (radio et télévision MBS, Tiko, Magro…) se trouvant aussi bien dans la Capitale qu’en province ont été pillées et incendiées par des manifestants du « Mouvement Orange ». C’était un « Lundi Noir ». « Après ces pillages, on a mobilisé les manifestants pour prendre le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra alors que les leaders du mouvement savaient bien qu’ils allaient violer une zone rouge. J’étais à ce moment-là au Palais d’Iavoloha avec ma famille »,rappelle Marc Ravalomanana. Avant de révéler : « Après la prise du Palais d’Ambohitsorohitra, les manifestants de la Place du 13 Mai voulaient aussi prendre le Palais d’Iavoloha. Le colonel Charles Andrianasoavina a téléphoné à mes collaborateurs et leur a sommé de libérer le Palais. Monja Roindefo m’a aussi passé un coup de fil et m’a demandé de quitter Iavoloha, mais j’ai refusé. Une foule était venue au rond-point d’Iavoloha pour nous protéger. Durant ces moments, moi et les membres de ma famille, n’avons eu de cesse de prier Dieu pour nous soutenir dans notre combat. »
17 mars et Directoire militaire. D’après les témoignages de Marc Ravalomanana, les harcèlements se sont poursuivis après son refus de quitter le Palais d’Etat d’Iavoloha. « On a fait exploser des grenades pour disperser la foule déterminée qui nous a manifesté son soutien. On a même entendu des coups de feu. Au Palais, pour renforcer la sécurité de ma famille, j’ai fait appel à des gardes du corps sud-africains. Malheureusement, le directeur de la sécurité présidentielle était déjà en contact avec les assaillants et il a tout fait pour convaincre ces gardes du corps sud-africains de ne pas agir en cas d’assaut »affirme-t-il. Avant de rajouter : « Mais, finalement, j’ai cédé à la pression. Car des coups de feu ne cessaient de retentir au-dessus du toit du Palais présidentiel.  De fortes détonations ont été entendues aux alentours. Les membres de ma famille étaient traumatisés. J’ai décidé alors le 17 mars 2009 de faire rédiger une Ordonnance qui me permettait de transférer les pouvoirs à un Directoire militaire. Tiébilé Dramé, émissaire du Secrétaire Général des Nations Unies, et l’ambassadeur des Etats-Unis Niels Marquardt étaient venus à Iavoloha pour prendre cette Ordonnance. La suite s’est passée le même jour à l’Episcopat à Antanimena. Je peux affirmer que Norbert Lala Ratsirahonana était le cerveau du coup d’Etat de mars 2009. Les éléments constitutifs d’un coup d’Etat, appelés aussi D.I.M.E (Diplomat, Ideology, Military, Economy), étaient réunis. Il y avait des diplomates qui ont manœuvré avec des militaires du CAPSAT, une idéologie a été également véhiculée – l’idéologie Orange -, et des opérateurs économiques ont financé toutes les opérations. »
RN7 et hélicoptère de Sarkozy. « Sans coup d’Etat, je n’aurais pas quitté mon pays. L’objectif de ce coup d’Etat était de m’empêcher d’organiser le Sommet de la Francophonie et celui de l’Union Africaine », réitère Marc Ravalomanana. Selon les témoignages de ce dernier, lui et sa famille ont été obligés de quitter le Palais présidentiel d’Iavoloha la nuit du 17 mars 2009. « Ce départ a été organisé par la SADC et le gouvernement sud-africain. Nous avons emprunté la Route Nationale 7 (RN7), puis nous avons rejoint Morondava en passant par Miandrivazo. A Morondava, nous avons pris un aéronef qui nous a transportés en Afrique du Sud. Une fois arrivé en Afrique du Sud, j’ai reçu un coup de fil du président du Sénégal Abdoulaye Wade qui m’a fait savoir que le président français Nicolas Sarkozy était prêt à envoyer un hélicoptère pour me prendre à Madagascar. Heureusement que je n’ai pas pris cette option à risques car sinon, on nous aurait conduit à La Réunion, via Mayotte », révèle Marc Ravalomanana.
Aéroport d’Ivato. Parti en exil en mars 2009, le fondateur de l’Empire Tiko n’est rentré au pays que le 13 octobre 2014, après l’élection de Hery Rajaonarimampianina à la présidence de la République. Des mystères entourent jusqu’à présent ce retour considéré comme étant clandestin par bon nombre d’observateurs. Mais pour l’intéressé, ce retour est tout à fait normal dans la mesure où des responsables étaient au courant de son intention de rentrer dans son pays. « Le 22 mai 2014, le président Hery Rajaonarimampianina, accompagné de son conseiller Solofo Rasoarahona, étaient venus me voir en Afrique du Sud. Il m’a promis de restituer mon passeport pour que je puisse rentrer à Madagascar. Des mois ont passé, mais rien n’a été fait dans ce sens. J’ai même envoyé à Madagascar Brian Currin, mon collaborateur, pour récupérer mon passeport, mais la mission a échoué. Après ces échecs, j’ai pris la décision de faire un forcing. J’ai d’abord discuté avec des Chefs d’Etat de la SADC, dont en particulier le président sud-africain Jacob Zuma et le président tanzanien Jakaya Kikwete. Ils m’ont dit que pour ce retour, il me fallait un passeport que ma sécurité soit assurée et qu’il me fallait des moyens de transport. J’en ai pris note. Pour pouvoir rentrer à Madagascar, j’avais trois options. Soit, je prenais un vol de la compagnie Airlink. Soit, je prenais Kenya Airways. Soit, je louais un avion privé. Je ne vous dis pas laquelle de ces trois possibilités j’ai choisi. Ce que je peux vous affirmer, c’est que l’aéronef qui m’a transporté n’a pas atterri à Antsirabe, contrairement à ce qu’on a essayé de faire croire. On m’a déposé à l’aéroport international d’Ivato  à l’aube du 13 octobre 2014. Un passeport appartenant à un certain Mohamed m’a permis de passer le contrôle de la Police des Frontières »révèle Marc Ravalomanana.
A bord d’un taxi. « Après l’aéroport international d’Ivato, j’ai immédiatement rejoint l’hôtel Carlton à Anosy.  Jusque-là, personne ne savait encore que j’étais déjà à Madagascar, même ma femme », confie le candidat du TIM à l’élection présidentiel du 7 novembre. Avant de poursuivre : « Ce 13 octobre 2014 à 4h du matin au Carlton, j’ai fait appel à un taxi qui m’a permis de faire le tour de la ville d’Antananarivo pour constater de visu les réalités locales six ans après mon départ en exil forcé. Après ce tour de ville, j’ai rejoint mon domicile à Faravohitra, là où j’ai retrouvé ma famille à la grande surprise de cette dernière. » Mais Marc Ravalomanana n’a pas pu rester longtemps à Faravohitra. Le même jour, après avoir rencontré ses partisans, des éléments du GSIS armés jusqu’aux dents y ont fait irruption. Ils ont même forcé la porte d’entrée en tirant à balles réelles.  Marc Ravalomanana a été violemment arrêté et certains de ses partisans ont fait l’objet d’actes d’agression perpétrés par ces éléments des forces de l’ordre. Ce n’est que le lendemain qu’on a su que l’ancien exilé d’Afrique du Sud a été placé en résidence surveillée à l’hôtel « Amirauté » à Diégo Suarez, dans l’extrême nord du pays.
Elu personnalité africaine de l’année 2017 pour le Leadership politique
L’envergure internationale de Marc Ravalomanana a été prouvée par le fait qu’il ait été élu « personnalité africaine de l’année 2017 pour le Leadership politique », une élection organisée par le « African Leadership Magazine ». Dans cette élection, il avait comme adversaires d’éminentes personnalités du continent africain, dont le président du Kenya Uhuru Kenyatta, l’ancienne présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf (première femme chef d’Etat en Afrique), et l’opposant sud-africain Julius Malema. Pour les 288 000 personnes qui ont participé au vote, Marc Ravalomanana est « un africain dont la contribution a immensément contribué à l’approfondissement de la démocratie et des valeurs démocratiques sur le Continent ». Par rapport au Prix qu’il a remporté, le président national du TIM de réagir en février 2018 : « Je veux que ce Prix soit le début de la réussite, pas la fin. Je l’accepte comme un engagement envers le peuple de Madagascar avec qui je vais travailler pour changer notre histoire. Nous avons été divisés par la politique. Madagascar, comme beaucoup de pays africains, a subi un coup d’Etat violent et illégal. Il nous a plongés dans une politique destructive, qui a accru la pauvreté et le désespoir.  Madagascar mérite mieux. Cela mérite un changement. L’Afrique aussi. Envoyons un message d’espoir au monde. »
Propos recueillis par R. Eugène

jeudi 13 septembre 2018

Lettre ouverte et demande de démenti à l’OCCRP suite à l’article intitulé “Fate of Madagascar’s Endangered Rosewoods” en date du 17 août 2018 paru sur votre site web


Lettre-ouverte-OCCRP  dementi  version  malagasy

Lettre ouverte et demande de démenti à l’OCCRP suite à l’article intitulé  “Fate of Madagascar’s Endangered Rosewoods” en date du 17 août 2018  paru sur votre site web


Mesdames, Messieurs les journalistes d’investigation,


Votre article fustige, à juste titre, les trafics de bois de rose à Madagascar. Il souffre toutefois de nombreuses incohérences et d’inexactitudes. Aussi, à l’époque des “fake news” qui cherchent à déformer la réalité à des fins politiques, il est de notre devoir, en tant qu’acteurs de la société civile, de les dénoncer.

D’abord, concernant le trafic même. Tout au long de son mandat, le président Ravalomanana a toujours manifesté sa volonté de lutter contre le trafic de bois précieux, plus spécifiquement celui des bois de rose. Leur exportation était interdite. C’est pendant le putsch de 2009, démarrant par les manifestations violentes du 26 janvier, qu’un décret ministériel (daté du 28 janvier) a autorisé pour une période de 4 mois l'exportation des bois abattus à des opérateurs nommément désignés. On ne peut donc, en aucune manière, incomber au président Ravalomanana la responsabilité de ce trafic illicite, ni pendant le putsch ni après.

D’ailleurs, le ministre Harison Randrianarimanana, un des signataires des fameuses autorisations citées dans votre article est membre du gouvernement des deux régimes issus du putsch et dirigés par Andry Rajoelina et par Hery Rajaonarimampiana.

Lutte contre la corruption

Contrairement à ce que vous laissez entendre, le président Ravalomanana est reconnu pour avoir enrayé la corruption pendant son mandat, de 2003 à 2009, notamment par la création du Bureau Indépendant de lutte contre la corruption (BIANCO). Selon Transparency International, l’index de perception de la corruption (de 0 pour les plus corrompus à 10 pour les pays les plus éthiques) est passé de 2.6 en 2003 à 3.4 en 2008 L’indice n’a jamais été aussi haut pour ce pays.

Vos incitations à la haine

Vous mettez en avant une ethnie particulière dans un pays qui a souffert de multiples tentatives d’incitations à la division ethnique. Notamment pendant l’époque de la colonisation. Selon l’étude Afrobaromètre (www.afrobarometre.org/node/2996), les Malagasy, privilégient l’identité nationale à l’identité ethnique.  Madagascar est le pays du continent africain où la dimension ethnique dans la vie politique et économique est la moins marquée. Votre présentation de la vie politique à Madagascar est beaucoup trop clichée et loin de la complexité de la réalité.

Les demi-vérités et les manipulations ethniques ne sont pas dignes de grands journalistes d’investigation de votre organisation, surtout en période électorale.

Aussi, nous vous demandons d’apporter un démenti à tout ce qui précède et vous invitons à compléter votre article par des faits réels et vérifiables et à publier des excuses envers la population malagasy.

Le 13 septembre 2018


 


GTT INTERNATIONAL Genève – Collectif de la Diaspora Malgache  
15, rue des Savoises
Genève – SUISSE

KMMR Réunion 2018
(Comité de soutien à Marc Ravalomanana)   
St Denis La Réunion - France



Annexe Extrait article OCCRP  (Traduction libre)

 “Depuis son indépendance par rapport à la France en 1960, cette nation de 25 millions d'habitants a été largement gouvernée par le Merina, son groupe ethnique le plus nombreux. Le président Marc Ravalomanana, un Merina, contrôlait une grande partie des années 2000. Alors que son règne a vu une certaine croissance économique, la colère du public face à la corruption endémique et à l’inégalité des revenus a mijoté.
Cette colère a dégénéré en violentes manifestations dans des régions comme Sava, qui ont de vastes côtes et des parcs nationaux denses mais peu développés. Ce sont les patries des «barons du bois», des hommes d'affaires éminents qui exportent illégalement du bois de rose depuis des années.

Le commerce a commencé à monter en flèche vers 2007, quand une série de tempêtes et de cyclones ont dévasté les forêts de Madagascar. Certains commerçants ont saisi l'occasion de prétendre que leurs stocks provenaient d'arbres abattus par des causes naturelles plutôt que par l'exploitation illégale. Et bientôt, le président Ravalomanana a succombé à leurs demandes, faisant une exception aux restrictions pour 13 des commerçants les mieux connectés en leur accordant des licences pour exporter du bois abattu par des «actes de Dieu».





Le GTT INTERNATIONAL, collectif de la diaspora malagasy, dont le siège est à Genève (CH), poursuit un double objectif: la restauration de l'Etat de droit et le rétablissement de la Démocratie à Madagascar. Il prône et oeuvre pour la liberté d'expression, la prise de conscience citoyenne et la mise en place d'une vraie démocratie dont l'exigence première est la tenue d'un processus électoral inclusif, libre et transparent ".