mardi 1 novembre 2011

Rodobe Toamasina : tsy nanaraka ny fenitra ny fanendrena ny Praiminisitra


Ny : 30/10/2011
Tao amin'ny : Politika
Nasiaka ireo avy ao ankolafy telo Toamasina mahakasika ny fanendrena Praiminisitra farany teo. Ny asabotsy 29 oktobra lasa teo, nifamotoana tao amin’ny kianjan’ny Magro Tanambao V Toamasina ireo mpitarika ny Rodobe Toamasina sy ny mpiara-dia amin’izy ireo. Hentitra ny kabary nataon’i Me Rasamimaka Mahefalahy, mpandrindra ny Movansy Ravalomanana Toamasina, izay nilazany fa “tsy manaraka ny fenitry ny tetezamita iraisana ny fomba nanendrena an’i  Beriziky Omer. Tsy i Omer no olana fa ny filazan’i  Andry Rajoelina hoe izy no nandray fanapahan-kevitra rehetra dia karazany azo ilazana fa mandeha ila hatrany Rajoelina amin’ny zavatra atao eto amin’ny firenena”.  
Nomarahin’izy ireo lavabe koa ny zava-nisy teo amin’ny ambasadaoro Frantsay Jean-Marc Chataigner sy Mamy Rakotoarivelo  tao amin’ny Hotel Colbert Antanananarivo ny tolakandron’ny zoma 28 oktobra lasa teo. Nanamafy ireo mpitarika ny Rodobe Toamasina fa “ny Frantsay no mibaiko tanteraka an’i  Andry Rajoelina ary ry zareo no mifidy izay olona tiana handrafitra izao tetezamita izao. Afaka miala mangata-bola amin’ny La Frantsa isika Malagasy  satria maro ireo firenena vahiny maniry ny hiara-hiasa amintsika fa bahanan’i  La Frantsa hatrany”. Nilaza ny hanohy ny hetsika hatrany ny Rodobe Toamasina ary tsy hijanona, hoy izy ireo, ny tolona raha tsy mbola tsy tafody eto Madagasikara ny Filoha roa lahy teo aloha, Ravalomanana Marc  sy Didier Ratsiraka.
Nangonin’i Tamaga



Nomination de Jean Omer BERIZIKY : l’opposition ne veut pas d’un processus biaisé



Suite à la nomination de M. Beriziky au poste de Premier Ministre, les réactions ne se sont pas fait attendre notamment celles des deux principales mouvances de l’opposition, mouvance Ravalomanana et mouvance Ratsiraka.  Ces dernières ont dénoncé à l’unisson le processus de nomination estimant que Rajoelina a encore agi de façon unilatérale et que M. Beriziky ne remplit pas du tout le critère consensuel prévu par la feuille de route dans son article 5.

Unilatérale d’abord parce que le putschiste Rajoelina n’a préalablement consulté l’opposition pour procéder à cette nomination et il l’a fait savoir non sans arrogance que c’est lui et lui tout seul qui a choisi M. Beriziky. 

Non consensuelle car, faut-il le rappeler que ce dernier est issu du même camp politique que les putschistes en étant membre du parti Leader Fanilo de la mouvance Rajoelina ?

Comment donc qualifier cette attitude autrement que provocatrice et méprisante vis à vis des mouvances d’opposition ? Rajoelina  a foulé aux pieds les dispositions prévues par la feuille de route, il s’est comporté –comme toujours- en autocrate.

Aussi, la contestation des deux mouvances et plus particulièrement la décision plus tranchée de la mouvance Ravalomanana de se retirer du processus de mise en œuvre de la feuille sont justifiées.

Au lieu de chercher l’apaisement nécessaire et le consensus, Rajoelina s’obstine à choisir le chemin inverse de l’unilatéralisme qui conduit incontestablement vers le blocage du processus, éloignant toute recherche de solution à la crise.

Preuve en est faite que le putschiste en chef Rajoelina constitue la principale source de conflit.

Le GTT International-Genève, quant à lui, reste convaincu que les Accords de Cotonou, qui interdisent à un putschiste de diriger une transition menant vers des élections libres, doivent s’appliquer.

La Communauté Internationale et plus particulièrement la SADC doivent réagir contre cette voyoucratie en contraignant Rajoelina par tous les moyens à se conformer aux dispositions convenues ou mieux en l’écartant carrément du processus de transition. Cela ne peut être que bénéfique pour la très grande majorité de malagasy lassée par une si longue crise qu’elle n’a pas choisie.


GTT International-Genève
Collectif de la Diaspora
1205 Genève - Suisse


Pour en savoir plus :
Communiqué de la mouvance Ratsiraka:
DOSSIER ZIP


Réaction de la mouvance Ravalomanana:
Nomination du PM MOUV RA8




samedi 29 octobre 2011

MADAGASCAR: La comédie de la feuille de route a fait long feu.

MADAGASCAR: La comédie de la feuille de route a fait long feu.

Ce samedi 29 octobre, le putschiste Andry Rajoelina a nommé un premier ministre issu d'un parti de sa propre plateforme politique contrairement à ce que prévoit la feuille de route qu'il a lui-même signée. Un gouvernement de transition, pour être consensuel, doit obligatoirement être dirigé par un membre de la mouvance du Président élu, Marc Ravalomanana.

N'en déplaise à M. Chataîgner, premier représentant à Madagascar des intérêts français, Rajoelina continue de composer unilatéralement et bafoue impunément les accords.

Le GTT International Genève, réuni ce jour en Assemblée Générale à Paris, dénonce cette nomination encore manipulée par la France pour le compte du putschiste Rajoelina et ses partisans.

A ce jour
Tout est fait pour empêcher au Président élu, Marc Ravalomanana de rentrer au pays pour exercer ses droits civils et politiques. Les mandats d'arrêt contre les principaux opposants restent toujours valables. M. Ravalomanana est toujours frappé d'un NOTAM (interdiction pour toute compagnie aérienne de l'embarquer).
Il reste encore une centaine des prisonniers politiques,
Le retour des exilés politiques reste soumis à des conditions inacceptables,
Le pays continue d'être la proie de voyous qui le pillent impunément.

Nous rappelons que la Communauté Internationale, en particulier l’Union Européenne, a manifesté à maintes reprises sa «position ferme en ce qui concerne Madagascar » et «prévient contre toute décision qui s’écarte de la voie consensuelle et inclusive».

La SADC et la Communauté Internationale doivent être les garants de la mise en œuvre de ce processus. Elles doivent veiller spécifiquement à l'application des règles permettant d'assurer le choix d'un vrai premier ministre de consensus accepté par les quatre mouvances.

Tant que ces conditions ne sont pas remplies, nous demandons le maintien des sanctions internationales et notamment individuelles contre le groupe de putschistes.


GTT International Geneve, Collectif de la diaspora malagasy
15 rue des savoises
1205 Geneve
collectifgtt@gmail.com

mercredi 26 octobre 2011

Assemblée Générale Ordinaire 2011 du GTT International Genève

Le GTT International tiendra sa réunion annuelle

le samedi 29 octobre 2011 de 14h30 à 18h00

au restaurant Minato (Japonais)
Place de la Libération, 91 380 Chilly Mazarin


- présentation du rapport annuel d'activités (rapport des commissions, des organisations membres et du bureau),
- présentation du rapport financier,
- acceptation par l'AG du rapport financier,
- proposition de budget pour 2011-2012,
- acceptation par l'AG du budget,
- nouveaux membres (selon demandes formelles reçues),
- modifications du règlement intérieur (selon demandes reçues),
- modifications des statuts (selon demandes reçues),
- présentation des candidatures,
- élections des membres du bureau,
- modification du règlement Intérieur,
- divers

Pour tous renseignements, contacter le comité.

lundi 24 octobre 2011

Rabesaina Haja: OBVIER A TOUTE DERIVE PREJUDICIABLE AU PEUPLE

OBVIER A TOUTE DERIVE PREJUDICIABLE AU PEUPLE

En matière institutionnelle, et pourvu que le système institutionnel est conforme, au sens démocratique et légal de l'expression, il faut appliquer les termes clairs des textes et s'attacher à la formalité des principes sans état d'âme. Pour peu que des considérations d'ordre politique, voire moral, interfèrent, des dérives sont à craindre. C'est le cas actuellement par rapport à "notre" Feuille de Route.

L'extrême fragilité qui entache la mise en oeuvre de la Feuille de Route est symptomatique d'une double impuissance: celle qui se déduit d'un manque de volonté de la communauté internationale d'imposer au moment où il fallait, au besoin par la contrainte - comme elle sait pourtant le faire en d'autres circonstances et lieux -, les accords de Maputo et d'Addis-Abeba conclus sous son égide entre les parties malgaches, et celle qui est induite par la singulière inaptitude de ceux usurpant les sphères du pouvoir à s'élever finalement dans les hautes considérations.

Au résultat de cette impéritie, et au nom d'une forme de réalisme forcément suspecte étant données les circonstances dans lesquelles elle intervient, la communauté internationale s'est résignée à détricoter un système institutionnel qui se signalait pourtant par sa cohérence. Face à cette régression, le Peuple malgache s'est, malgré tout, signalé par sa grande dignité dans la déception et devant les trop nombreux avatars que lui réserve le processus de sortie de crise.

La Feuille de Route qui a été adoptée le 17 septembre 2011, dépouillée de la substance et de la force référentielle des textes initiaux, finit par se présenter ainsi comme un simple canevas par ailleurs émaillé, on le constate, de lacunes préjudiciables à une sortie de crise pérenne.

C'est pourquoi, pour obvier à toute dérive interprétative et à toute erreur d'application, il est urgent de se fixer des termes de référence, ce en rappelant tout d'abord qu'il y a, ainsi que démontré, une logique des sources à respecter et, ensuite, en soulignant la nécessité de définir un protocole méthodologique.

En effet, si comme elle le proclame trop hâtivement, la Feuille de Route se substitue aux accords passés, en vérité elle ne peut renier pour autant sa filiation, de par les principes acquis et les valeurs proclamées, le tout puisé dans les accords de Maputo et d'Addis-Abeba (auxquels s'ajoutent leurs textes d'application), dont l'actuelle Feuille de Route s'en inspire directement, tant pour la formulation de ses objectifs que pour la définition de ses prescriptions et recommandations.

Or, très clairement, cette oeuvre de formulation et de définition a abouti aux notions fondatrices, normatives, impératives et d'interprétation stricte de la Transition neutre, consensuelle et inclusive qu'on veut mettre en place, lesquelles notions sont concrètement et positivement reprises dans la Feuille de Route.

A l'évidence donc, la Feuille de Route, que d'aucuns n'oseraient considérer comme un texte sorti ex nihilo, prend sa source juridique dans les textes précédemment cités. L'esprit et la lettre de la Feuille de Route doivent, dès lors, s'entendre, s'interpréter et s'appliquer, certes par rapport à la volonté exprimée par les rédacteurs et aux termes clairs des dispositions écrites, mais aussi par rapport aux considérations conceptuelles et normatives, ainsi qu'aux termes qui ont inspiré lesdits précédents textes.

Cette logique des sources tant juridiques que conceptuelles devant ainsi être respectée au risque de dérives hautement préjudiciables, reste à trouver le bon protocole séquentiel devant mener à la réalisation - et à la réussite - du calendrier fixé par l'accord du 14 octobre 2011.


Les parties prenantes malgaches ont fait preuve de courage politique en ayant signé la Feuille de Route et la communauté internationale, en particulier la SADC, ont de leur côté fait preuve de beaucoup de patience et de considération pour le Peuple malgache en décidant d'accompagner cette disposition d'esprit.

Le passage de la Haute Autorité de Transition vers la Transition conventionnelle qui se caractérise par sa neutralité, sa consensualité et son inclusivité, ne peut se traduire par un simple transfert de compétences, mais bien plus, et ce conformément aux considérations précédentes, par une véritable rupture institutionnelle. A défaut, le processus ayant conduit à la Feuille de Route équivaudrait à une légitimation de la HAT, ce qui n'a, en aucune façon, été dans les intentions de ses initiateurs et rédacteurs, ou alors on assisterait à une tromperie, ce qui serait le comble qui justifierait rejet et opprobre.

Dès lors donc, que l'objectif clairement convenu consiste à mettre en place un régime de Transition réellement neutre, consensuel et inclusif pour un retour à la normalité institutionnelle, les premiers des actes à accomplir afin de marquer la nécessaire rupture avec le régime actuel dépourvu de légalité et de légitimité sont obligatoirement:
. un acte politique, qui doit rendre parfaite, définitive et solennelle l'adoption de la Feuille de Route: la réunion au sommet à Madagascar (peu importe le lieu) du président Ravalomanana (dont le mandat présidentiel ne s'achève que début janvier 2012), de M. Rajoelina, et des anciens présidents Zafy et Ratsiraka, ce avant le 1er novembre 2011. Cette réunion au Sommet verrait, éventuellement, la conclusion entre les quatre chefs de file initiateurs du long processus de résolution de la crise malgache, d'un "accord interprétatif" de la Feuille de Route;
. un acte formel et hautement symbolique, qui doit déclencher le processus des restructurations nécessaires de toutes les institutions de la Transition: la cessation immédiate et formelle des fonctions du Président de la Haute Autorité de Transition suivie, simultanément, de l'investiture de M. Rajoelina comme Président de la Transition sous la forme d'un serment de neutralité devant le Peuple, ce également avant le 1er novembre 2011.


Sans de telles considérations, sans de tels actes, il y a risque en la demeure pour que le régime de Transition réellement neutre, consensuel et inclusif soit mort-né ou que, à tout le moins, il s'engage sur une voie aventureuse.

L'autre menace qui guette est celle générée par la perméabilité , l'intrigue, l'intéressement d'une sphère politique avide qui ne laisse poindre aucune perspective autre que d'incessants marchandages. Or, il n'est que plus temps d'écrire avec des femmes et des hommes valeureux une page nouvelle de notre Histoire dès aujourd'hui.

C'est pourquoi, au seuil du précipice, obvier à toute dérive, obvier à tout dommage supplémentaire pour le Peuple malgache !, voilà les défis majeurs du moment présent qu'on ne saurait ignorer.
Rabesaina Haja

Communiqué de Naika Eliane: Apaisement d’abord !

Après mûre réflexion, j’ai pris la résolution de ne pas me présenter à l’entretien convoqué par Monsieur Rajoelina. La principale raison en est le non-respect des termes de la feuille de route. Monsieur Rajoelina, au pouvoir depuis bientôt trois ans, en toute illégalité et sans légitimité populaire, se doit de prendre sans attendre des mesures d'apaisement publiques et visibles conformément à la feuille de route qu'il a lui-même promue et signée. Force est de constater qu’à ce jour, aucun effort n’a été déployé de sa part dans ce sens, à preuve:
  • Les prisonniers politiques croupissent toujours en prison;
  • Les poursuites judiciaires envers les opposants ne sont toujours pas levées;
  • Le mandat d’arrêt et NOTAM à l’encontre du Président Marc Ravalomanana et des autres exilés ne sont pas toujours annulés;
  • Les radios et télévisions privées ne sont toujours pas autorisées à émettre librement;
  • Etc.
Je demeure convaincue qu’une transition pouvant nous ramener vers des élections crédibles est celle qui démarre sur des principes garantissant un climat de sérénité

Naika Eliane








jeudi 20 octobre 2011

L'analyse d'Amnesty International sur la situation à Madagascar

http://www.lemauricien.com/article/r%C3%A9gion-lanalyse-damnesty-international-sur-la-situation-%C3%A0-madagascar


Article paru dans Week-End
16 octobre, 2011 - 18:30



RÉGION: L'analyse d'Amnesty International sur la situation à Madagascar

Amnesty International (Mauritius) vient d'annoncer la publication d'un rapport sur la situation des Droits humains à Madagascar. Ce rapport fait suite à une mission que deux membres d'Amnesty viennent d'effectuer dans la Grande Ile. Nous sommes allés demander à Lindley Couronne, directeur de la branche locale d'Amnesty, et membre de cette mission, plus de précisions sur cette mission et ses objectifs.

Qui a mandaté Amnesty International pour aller faire un constat de la situation des Droits humains à Madagascar ?

Quand Amnesty International constate, à partir de son réseau d'informations et de son analyse, que la situation des Droits humains se dégrade dans un pays, elle y envoie une mission de recherche. Celle qui vient d'être effectuée à Madagascar fait suite à deux missions du même ordre qui ont eu lieu en 2009 et en 2010 dans le sillage de la crise politique malgache.

Quel était le but de la toute dernière mission de recherche d'Amnesty à Madagascar et qui en faisait partie ?

Le but était de faire le suivi de la précédente mission et d'évaluer l'évolution de la situation depuis dans le domaine des Droits humains. La mission était composée de Christian Mukosa, juriste et chercheur au secrétariat international d'Amnesty et de moi-même. Nous avons travaillé de façon intense pendant quinze jours en utilisant un système d'investigation rigoureux et en rencontrant différents acteurs de la société malgache. Ce qui nous permet d'établir un constat de la situation.

Commet peut-on faire le bilan d'un pays en complet dysfonctionnement depuis plusieurs années après un séjour de quinze jours ?

Il faut aller sur place pour pouvoir dire un certain nombre de choses sur la situation à Madagascar…

…sans vouloir remettre en question votre bonne volonté, il faut quand même reconnaître que le rapport que vous allez publier ne sera que le point de vue de deux individus qui ont passé quinze jours dans un pays, ou ce qu'il en reste, en crise depuis plusieurs années…

... nous n'avons pas la prétention d'avoir compris tout ce qui se passe à Madagascar et de l'expliquer. Nous n'avons pas débarqué avec nos gros sabots. Cette mission a été organisée selon les normes d'Amnesty. Des personnes, des représentants d'institutions, des ONG qui ont une analyse de la situation ont été contactés au préalable, des rendez-vous et un programme de travail établis avant le départ. Ces rencontres, ces discussions, ces interviews nous permettent de dire un certain nombre de choses sur la situation des Droits humains à Madagascar.

Quels sont ces constats ?

A Madagascar, l'Etat de droit est en train de vaciller et si l'on ne fait pas attention, il va disparaître…

…beaucoup d'observateurs disent que l'Etat de droit n'existe plus dans la Grande Ile.

Il existe une apparence de l'Etat de droit à Madagascar. Le judiciaire donne l'impression de fonctionner, mais on se rend facilement compte qu'on est dans un système de corruption où l'on peut, si on a les moyens et qu'on connaît les leviers, changer le cours des choses et faire un coupable devenir innocent. On cite l'exemple d'un politicien reconnu coupable de viol sur une mineure et qui est en liberté. La police bénéficie d'une impunité totale et l'on semble trouver cela normal. Cette acceptation du fait que la police a toujours raison existe, même chez les intellectuels malgaches que nous avons pu rencontrer. Nous avons rencontré un homme de loi qui nous a raconté que la police était venue voler, je dis bien voler, des ordinateurs dans son bureau. Et il n'a fait aucune démarche pour récupérer son bien parce que, selon lui, que cela ne servirait à rien. Il n'a rien fait sans doute parce qu'il a peur. Le fait que l'Etat paye quatre à cinq fois plus un policier qu'un enseignant donne une idée de la situation et des priorités du gouvernement de transition. Savez-vous que plus de 400 000 enfants malgaches ont été obligés de quitter l'école faute d'enseignants et de système scolaire. A Madagascar, des petites filles de 5 ans errent dans les rues d'Antananarivo la nuit. Je souligne que cette situation n'a pas été créée par l'actuel gouvernement de transition, mais que c'est un système qui existe depuis plusieurs années à Madagascar. Il va sans dire que les Malgaches n'ont pas confiance dans leur police, comme dans la majeure partie de leurs institutions.

Croyez-vous que dans leur combat quotidien pour essayer de trouver de quoi survivre, les Malgaches ont le temps de penser au fonctionnement des institutions de ce qui reste de leur pays ?

Je peux vous dire que même dans leur lutte quotidienne pour la survie, les Malgaches sont révoltés contre cette situation et ceux qui dirigent leur pays. Mais en même temps, on a le sentiment à Madagascar que non seulement les institutions, mais également le citoyen lambda malgache, sous doute pour des raisons historiques et sociologiques profondes, ne semble pas avoir la notion des Droits humains. Il ne considère pas les autres, aussi différents qu'ils puissent être, comme ses égaux. Les malgaches sont instrumentalisés. L'imbrication de la religion dans la politique n'arrange rien. N'oubliez pas que le précédent chef de l'Etat était également le vice-président d'une fédération d'églises

Est-ce que vous n'êtes pas en train de rêver à haute voix, comme le font beaucoup d'intellectuels, Lindley Couronne. Nous sommes en train de parler des Malgaches qui doivent livrer un combat de tous les instants pour pouvoir manger dans un pays ravagé et vous leur reprocher de ne pas avoir conscience des Droits humains ?!!

Quelle est la solution que vous préconisez : se croiser les bras et se taire ?

Je constate simplement que vous me dites que les autorités ont démissionné, que les institutions fonctionnent peu ou pas du tout et vous demandez au citoyen de se préoccuper des Droits humains. Vous le faites juste pour pouvoir écrire un rapport ?

Ce rapport, que vous le vouliez ou non, servira à quelque chose. Je peux déjà vous dire que nous allons dans ce rapport demander le démantèlement de la Force d'Intervention Spéciale. C'est est une organisation parapolicière, qui dépend uniquement de la présidence, qui fait ce qu'elle veut à Madagascar. Ses hommes peuvent entrer chez n'importe quel Malgache, prendre tout ce qu'ils veulent en toute impunité. Ils changent les plaques d'immatriculation des voitures, se conduisent comme une armée d'occupation, effectuent des arrestations, des enquêtes et mettent des gens en détention sans y être légalement autorisés. Nous dénonçons l'existence et le fonctionnement de cette organisation parapolicière et demandons à la Haute Autorité de la démanteler.

Cette Haute Autorité n'est pas au courant de l'existence de la FIS et de ses pratiques ?

Les représentants de la Haute Autorité disent que le FIS est redevable à la présidence. Ils nous ont aussi demandé de quel droit dispose Amnesty International pour venir donner des conseils à un gouvernement souverain...

...de mon point de vue, ces représentants de la Haute Autorité n'avaient pas tout à fait tort…

…mais dans le même souffle, ces représentants et les autorités malgaches se plaignent du fait que la communauté internationale diminue son aide financière à Madagascar. Voilà où Amnesty International peut et va agir. Notre rapport va obliger les organisations internationales à réfléchir à deux fois avant d'aider le gouvernement malgache de transition. Les Droits humains doivent être à l'agenda des Etats qui reçoivent de l'aide de la communauté internationale, ce qui est le cas de l'Etat malgache. Qu'on le veuille ou non, le respect des Droits humains fait aujourd'hui partie du fonctionnement des pays démocratiques. Et les pays, comme Madagascar, qui veulent en faire partie et qui veulent bénéficier de ses aides, doivent les adopter. Si Madagascar veut se retrouver dans le concert des nations, son gouvernement ne peut laisser le pays fonctionner comme un Etat voyou.

Un seul rapport d'Amnesty International peut faire inverser les choses à Madagascar là où plusieurs institutions internationales ont échoué ?

Certes, un rapport ne va pas casser la baraque et faire changer la situation du jour au lendemain. Mais nous sommes une organisation crédible et notre parole a un poids certain. Le prochain gouvernement ou la prochaine autorité malgache ne pourra pas ignorer ce rapport et devra respecter les Droits humains.

Est-ce qu'en allant discuter avec le gouvernement provisoire Amnesty International ne lui donne pas une certaine crédibilité.

La solution est-elle de laisser Madagascar à son destin, sans rien faire ? Nous ne le pensons pas. Nous traitons toujours avec le gouvernement en place, posons les bonnes questions et disons ce que nous pensons d'eux. Nous ne prenons pas position pour ou contre le coup d'Etat, mais disons ce qu'il en est au niveau du respect des Droits humains. On nous a parlé de brutalité, de torture policière allant jusqu'à la mort. D'arrestations arbitraires, de détention prolongée sans passer par un tribunal.

Vous êtes en train de décrire une situation désespérée.

Elle le deviendra plus si les hommes et les femmes politiques malgaches ne prennent pas leurs responsabilités en réglant leurs problèmes pour appliquer la feuille de route politique. Il faut que cette feuille de route soit l'expression d'une volonté politique pour changer le fonctionnement de la politique à Madagascar.

Désolé de jouer au cynique de service, mais cela fait des années que les politiciens malgaches, de tous les partis, disent que la solution passe par le changement et continuent à appliquer les recettes du passé.

Etant un optimiste invétéré, je pense que les politiques malgaches vont finir par se ressaisir. On ne peut pas remettre Madagascar en état de marche sans cette feuille de route politique et, surtout, sans que les Droits humains ne soient respectés. Je crois que même si elle est silencieuse, pour des raisons évidentes, la société civile malgache a atteint le stade du ras-le-bol.

Les cas que vous avez cités sont-ils des exceptions ou la règle générale ?

On a le sentiment que c'est en train de devenir la règle, que les brutalités de la police, que l'impunité dont elle jouit font partie du système. Les droits économiques, sociaux et culturels de la population sont bafoués de façon flagrante.

Est-ce que ces constats concernent l'ensemble de Madagascar ou uniquement sa capitale.

Nous ne sommes pas allées dans la campagne et dans les provinces et sommes restés dans la capitale, qui est le centre politique du pays. C'est un choix que nous assumons. Mais nous pensons que la même situation existe dans l'ensemble du pays.

Qu'elle est la valeur scientifique du rapport qu'Amnesty International dans la mesure où il n'est que le constat de deux individus ayant passé quinze jours dans une ville ?

Je vous le répète, nous ne sommes pas allés à l'aventure à Madagascar. Notre mission a été soigneusement préparée depuis Maurice. Nous avions les contacts nécessaires et pris d'avance les rendez-vous pour notre travail et nous avions aussi une méthode éprouvée par Amnesty qui consiste à vérifier et à revérifier les sources, et à croiser et recroiser les informations avant de les utiliser. Nous avons rencontré les membres du gouvernement et de l'opposition, les représentants des institutions, ceux des corps constitués, les diplomates en poste, les représentants des agences internationales. Nous avons rencontré les agents politiques et les victimes des violations des Droits humains. Mais nous n'avons pas pris pour argent comptant tout ce que l'on nous a dit, mais vérifié et revérifié la moindre information, la plus petite déclaration. Ce n'était pas une enquête décidée sur le terrain, mais un travail fait selon des règles précises qui nous permettent de faire un constat de la situation des Droits humains à Madagascar. C'est une méthode scientifique, précédée d'une mise en place, qui a duré des mois, qui a fait ses preuves ailleurs.

Le rapport va paraître à la fin du mois de novembre. Si les choses évoluent très rapidement à Madagascar, est-ce que ce rapport ne sera pas dépassé, ou carrément périmé, à sa parution ?

C'est pour cette raison que nous avons fait publier un communiqué de trois pages qui est, en quelque sorte, un prérapport. Bien qu'on les accuse d'être pro ou antiaméricain, les rapports d'Amnesty International sont crédibles et respectés depuis cinquante ans. Il n'y a aucune raison que celui sur Madagascar déroge à la règle. Nous sommes un mouvement de citoyens qui travaillons pour que les Etats respectent les conventions qu'ils ont signées. Nous sommes une voix écoutée dans le monde, ce qui explique que les autorités malgaches actuelles nous ont donné les facilités nécessaires pour travailler dans le cadre de cette dernière mission.

Qu'attendez-vous de la publication de ce document ?

Qu'il provoque une prise de conscience sur la situation à Madagascar et que dans la Grande Ile, il provoque une prise de conscience sur le viol des Droits humains qui sont loin du niveau zéro à Madagascar. Ce rapport va dire qu'il faut inclure le respect des Droits humains dans la feuille de route qui va sortir Madagascar de la crise. Il va faire savoir au monde ce qui se passe à Madagascar.

Est-ce que le monde n'est pas au courant de ce qui se passe depuis plus de deux ans dans la Grande Ile ?

Je n'ai pas cette impression. Les médias occidentaux, qui dominent le monde, ont d'autres priorités, comme les gouvernements occidentaux, d'ailleurs. Je n'ai pas le sentiment que ce qui se passe à Madagascar figure dans leurs préoccupations principales. Le rapport d'Amnesty a pour objectif de pousser le monde à regarder vers Madagascar, d'une part. De l'autre, nous espérons qu'avec ce rapport, les politiques malgaches se rendront compte que le monde les regarde, que nous ne sommes plus dans les années cinquante où les régimes pouvaient faire leurs quatre cents coups politiques sans déranger personne. Nous sommes au 21ème siècle et si ces politiciens ne respectent pas les Droits humains, respects qui vont ouvrir les portes de l'aide internationale à Madagascar, le pays va continuer à perpétuer le cycle de crise politique, de l'arbitraire et au lieu de vaciller, va complètement s'effondrer. Le rapport d'Amnesty peut amener la prise de conscience nécessaire pour empêcher Madagascar de sombrer. Je voudrais terminer en citant Huruki Murakami, un écrivain japonais qui a écrit ce qui suit et qui, me semble-t-il, s'applique parfaitement au travail d'Amnesty et répond à certaines de vos questions : "Nous devons être des rêveurs irréalistes qui avancent d'un pas ferme et décidé."

Le GTT INTERNATIONAL, collectif de la diaspora malagasy, dont le siège est à Genève (CH), poursuit un double objectif: la restauration de l'Etat de droit et le rétablissement de la Démocratie à Madagascar. Il prône et oeuvre pour la liberté d'expression, la prise de conscience citoyenne et la mise en place d'une vraie démocratie dont l'exigence première est la tenue d'un processus électoral inclusif, libre et transparent ".